Paroles de l'ombre #1 : Premier écrit de Kris Mrasnik, notre journa-libre !




Kris Mrasnik est notre journa-libre, il écrira les paroles de l'ombre depuis la prison particulièrement surveillé de Arles, ou celui ci occupe le poste de Bibliothécaire en temps que détenus facilitateurs face aux divers conflit .



A la fois artiste, écrivain, poète, slameur, peintre, cet homme est une banque de données de culture a part entier , voici les 4 premières pages des paroles de l'ombre, enjoy !!!







 Article du Monde concernant sont action en temps que "facilitateur" :


A la centrale d'Arles, des « facilitateurs » pour désamorcer la colère

LE MONDE |  | Par




La centrale d'Arles.

Christophe se fait grave. « Ça nous fait grandir. Quand on doit aider un détenu impulsif et qu'on est soi-même impulsif, ça fait réfléchir. On est tous tellement loin d'un aménagement de peine… On aide les autres parce que ça nous aide. C'est gratifiant, même si c'est lourd. La déresponsabilisation, c'est le cancer de la prison. » Christophe, 39 ans, condamné à une longue peine, aux épaules impressionnantes et aux colères célèbres, n'a pas été touché par la grâce : il est « facilitateur » depuis un an et demi à la centrale d'Arles, dans les Bouches-du-Rhône.



Il fait partie de la dizaine de détenus sélectionnés par l'administration pour accompagner les condamnés qui ont le plus de mal avec la détention, pour servir de relais avec des surveillants avec qui ils sont souvent en guerre. « J'étais contre, dit un vieux détenu. Pour moi, les facilitateurs, c'étaient des balances, c'étaient des prévôts. » Il est arrivé à Arles il y a quatre ans, et n'a changé d'idée qu'il y a six mois. « J'ai passé dix ans en prison à me battre tous les jours. Pour acheter un paquet de tabac, il fallait aller à l'affrontement. Ici, on discute. »
>> Lire notre entretien avec la directrice de l'administration pénitentiaire Isabelle Gorce : « Les surveillants n’avaient pas été assez préparés »



L'histoire d'un autre détenu lui a ouvert les yeux. On lui avait retiré ses enfants, à l'époque placés par la Ddass. Le père s'était emmuré dans le silence, retranché des mois dans le quartier d'isolement, où il refusait le moindre contact avec les surveillants. Christophe l'a approché doucement, a facilité les démarches avec le conseiller d'insertion : on a trouvé un logement à la mère, remis de l'ordre dans le foyer, le détenu a repris peu à peu pied dans la vie de la détention, et finalement trouvé du travail.
LONGUE PATIENCE
C'est une longue patience.

  « On ne collabore pas avec l'administration, proteste Christophe, c'est un partenariat. On essaie de dénouer les problèmes. Il y a toujours eu des détenus qui donnaient la bonne parole, mais ici, c'est encadré. » Le dialogue est même gravé dans le marbre, avec un engagement écrit entre le facilitateur, le détenu – qu'il faut d'abord convaincre – et l'administration. Le tout systématiquement validé par la commission pluridisciplinaire unique.
Ça ne marche pas toujours. Un détenu a pris un premier surveillant en otage pendant trois heures en juin 2013. « Nous avons été surpris, nous n'avions pas entendu son malaise, convient Christine Charbonnier, la directrice. Mais c'est heureusement un acte isolé. » Arles compte 135 détenus condamnés à de longues peines, dont 58 % pour des homicides volontaires, dans une centrale très sécurisée – portes fermées, vidéosurveillance partout.



Mais la directrice s'efforce « de donner du sens à la peine », en mettant l'accent sur le dialogue et les liens avec l'extérieur. « Il est important qu'il y ait de l'air, beaucoup d'intervenants pour ouvrir les esprits, sourit Christine Charbonnier, pour apprendre à gérer les émotions. Ça fait vingt ans que ces personnes mangent seules en cellule, qu'elles n'ont plus aucune idée du monde, qu'elles n'imaginent même plus le bruit du dehors. »







Vous pourrez voir ses œuvres exposés le 7 et 14 
décembre aux portes de paris : 

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